Mandat de la MONUSCO : le Conseil de sécurité reconduit la mission sur fond de dissensions diplomatiques

     Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, ce vendredi, de prolonger d’une année supplémentaire le mandat de la Mission onusienne pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). La résolution a été adoptée à l’unanimité par les quinze membres du Conseil, dans un climat marqué par de fortes divergences diplomatiques et une détérioration persistante de la situation sécuritaire dans l’est du pays.



Malgré le consensus final, plusieurs délégations ont exprimé des réserves notables. Moscou a évoqué un texte issu d’un « compromis difficile », tandis que Pékin a mis en garde contre toute instrumentalisation de la mission au profit d’intérêts extérieurs. Les États-Unis ont, de leur côté, pointé du doigt les agissements du Rwanda et du mouvement M23, qu’ils accusent de compromettre les initiatives de paix et de violer les engagements pris dans le cadre des accords de Washington.

La France, en tant que rédactrice principale de la résolution, a justifié le contenu du texte par la nécessité de préserver les axes traditionnels du mandat de la MONUSCO, tout en intégrant les évolutions politiques récentes. Paris a notamment fait référence aux discussions diplomatiques menées à Washington et à Doha, une approche soutenue par Washington, qui souhaite voir la mission jouer un rôle renforcé dans l’accompagnement des efforts de cessez-le-feu.

À l’inverse, la Chine et la Russie ont, à plusieurs reprises durant les négociations, dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative de politisation du mandat. Elles ont exprimé leur opposition à une implication de la MONUSCO dans des processus qu’elles estiment extérieurs au cadre strict des Nations unies, appelant à une interprétation plus limitée de son rôle.

Les membres africains du Conseil, regroupés au sein du mécanisme A3 Plus, ont pour leur part insisté sur l’importance du leadership africain dans la gestion de la crise congolaise. Ils ont mis en avant les initiatives de médiation conduites sous l’égide de l’Union africaine, notamment celles pilotées par le Togo, ainsi que l’implication des organisations régionales.

Au final, la résolution adoptée maintient les effectifs actuels et les principales missions de la MONUSCO, tout en prévoyant un appui encadré à la mise en œuvre d’un éventuel cessez-le-feu. Le texte ouvre également la possibilité d’ajustements futurs du mandat, en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain.

TMR

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