À quelques heures de son adresse devant les deux chambres réunies en Congrès, ce lundi 8 décembre, le président Félix-Antoine Tshisekedi se trouve à un moment charnière de son mandat. L’intervention, traditionnellement consacrée au bilan et aux perspectives nationales, prend une dimension particulière tant les enjeux sont multiples et la conjoncture délicate.
Sécurité : un accord de paix sous pression
Le président est attendu sur les retombées concrètes de l’accord signé à Washington entre la RDC et le Rwanda. Présenté comme une avancée diplomatique majeure, ce texte peine pourtant à convaincre une opinion échaudée par la recrudescence des violences dans certaines zones de l’Est.
Le maintien des offensives du M23, la situation mouvante dans le Sud-Kivu ou encore les tensions régionales alimentent le scepticisme. Tshisekedi devra clarifier comment cet accord peut réellement contribuer à mettre fin à une crise sécuritaire vieille de plus de deux décennies.
Économie : la fragilité monétaire s’intensifie
La chute du franc congolais face au dollar continue de peser lourdement sur les ménages. Les prix stagnent à des niveaux élevés, tandis que les recettes publiques connaissent une tendance à la baisse.
Les attentes sont fortes quant aux nouvelles mesures que le président pourrait annoncer pour stabiliser la monnaie, sécuriser les réserves nationales et soutenir le pouvoir d’achat. Le pays évolue dans un environnement économique complexe, où volatilité extérieure et faiblesses internes se combinent.
Gouvernance : urgence de rationalisation et d’efficacité
Au-delà de l’urgence économique, la gouvernance publique reste un défi majeur. Les pertes financières dans certains secteurs, la faible mobilisation des recettes et l’inefficacité de certaines dépenses alimentent les critiques.
Le chef de l’État pourrait réaffirmer sa volonté de renforcer la rigueur budgétaire, d’améliorer la transparence dans le secteur minier et de stimuler les investissements, dans un contexte où la marge de manœuvre budgétaire se réduit considérablement.
Crise politique : une atmosphère sous tension
La classe politique congolaise traverse une période de crispation.
Entre tensions internes au sein de la majorité, critiques répétées de l’opposition et incertitudes liées aux implications de l’accord de Washington, l’environnement politique reste chargé.
Tshisekedi pourrait profiter de son discours pour apaiser les clivages, rétablir un climat de confiance et réaffirmer son autorité dans un paysage politique mouvant.
Environnement : un enjeu de plus en plus central
Inondations meurtrières, érosions spectaculaires, pression constante sur les forêts : la RDC fait face à des risques environnementaux croissants.
Le président pourrait annoncer de nouvelles orientations pour accélérer la protection des écosystèmes, renforcer l’adaptation climatique et valoriser le potentiel environnemental du pays, notamment dans les mécanismes financiers internationaux liés au climat.
Un moment décisif pour fixer le cap
Dans un contexte de crises simultanées sécuritaires, économiques, politiques et environnementales —, l’intervention du président Tshisekedi apparaît comme un rendez-vous essentiel.
Le chef de l’État devra non seulement présenter un bilan lucide, mais aussi tracer une voie claire susceptible de rassurer une population qui attend des réponses immédiates et des perspectives crédibles.
Son discours de ce 8 décembre sera scruté de près, tant à Kinshasa que dans les provinces, et pourrait marquer un tournant dans la gestion des priorités nationales.
