Invité dans le cadre de la Tournée Panafricaine au Kongo, jeudi 28 août 2025, le militant panafricaniste Mwazulu Diyabanza a livré un discours percutant à l’Université de Kinshasa. Face aux étudiants de la faculté de droit réunis lors d’un Café Juridique, il a exhorté la jeunesse congolaise à engager une véritable “ révolution de la conscience ” pour rompre avec les mécanismes du néocolonialisme.
- Le néocolonialisme, “ oppression de l’intérieur ”
Développant sa thèse autour du thème « Le néocolonialisme comme instrument de pérennisation de l’impérialisme : une analyse juridique et constitutionnelle », M. Diyabanza a présenté le néocolonialisme comme “ la dernière phase de l’impérialisme occidental ”.

Selon lui, ce système ne s’exprime plus seulement par la domination extérieure, mais aussi par l’action de “ fils et filles de l’Afrique ”ayant trahi leur patrie.
Il a dénoncé les effets dévastateurs de ce phénomène sur les structures politiques, économiques et culturelles du continent, dans la continuité de l’héritage colonial.
- Les codes juridiques et monétaires dans le viseur
L’orateur a cité le Code civil et pénal congolais, inspiré du Code Napoléon, comme « une parfaite expression du néocolonialisme ». Ce cadre juridique, a-t-il soutenu, a contribué à déshumaniser l’homme africain en l’enfermant dans une logique de soumission.
Sur le plan économique, il a pointé la dépendance de la RDC vis-à-vis des institutions de Bretton Woods et l’endettement structurel de l’État. Le franc congolais, fabriqué à l’étranger et adossé à des banques belges, serait pour lui l’illustration d’une souveraineté confisquée. Il a rapproché cette situation de celle des 14 pays africains utilisant encore le franc CFA, placé sous la tutelle de la Banque de France.

- Le combat pour le patrimoine et la mémoire
Mwazulu Diyabanza a également insisté sur la restitution du patrimoine culturel et scientifique congolais. Il a réclamé le retour des restes d’ancêtres conservés en Europe ainsi que celui de l’Ostichago, un artefact mathématique qu’il considère comme une preuve de l’antériorité de la civilisation africaine. Pour lui, les lois occidentales constituent aujourd’hui « une barrière » empêchant la RDC de récupérer son identité à travers son héritage.
- Un appel aux “ étudiants de Lumumba ”
En conclusion, l’activiste a invité les jeunes, qu’il a qualifiés « d’étudiants de Patrice Lumumba », à s’émanciper intellectuellement et à écrire leur propre histoire. Il les a appelés à refonder le système éducatif et juridique congolais en s’appuyant sur la science, mais sans recours à la violence. Son mot d’ordre : transformer le savoir en une arme pacifique de libération par la “ conscience scientifique ”.

La rédaction